Ma vie, mon oeuvre

entre proust et kafka

08 juin 2008

J'aimerais revoir Lisbonne sans toi

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Est-ce que l’on devrait effacer toutes les traces d’une histoire d’amour quand elle est terminée pour de bon ?

Les objets, rien de plus facile. Les photos aussi , il suffit d’être forte, de s’armer d’un briquet et d’un évier, de se dire qu’au final il n’était vraiment pas terrible.

Mais les écrits, on en fait quoi des écrits ?

Il m’arrive de temps en temps de tomber sur ses mails. Souvent par hasard, au cours d’un n-ième tri dans ma boîte mail qui contient les 5 dernières années de ma vie ou bien comme ce soir quand je recherche une lettre de motivation. Sachant que la dernière remonte à un an pile. Date de notre essai, vain, de se remettre ensemble.

Quand je le relis, je me dis qu’il m’aimait quand même drôlement. Dans tous les sens du terme. Ces mails sont de petits bijoux de perfection littéraire. Le sens du mot juste, percutant, lyrique quand il faut (faux ?).

Moi, rien de tout cela, je suis l’incarnation du manque de style, des phrases à rallonge, des paragraphes des flash-back pour ne pas qu'il oublie tout ce qu’il m’a fait endurer et tout ce que j’ai subi  résignée comme une brave petite femme. Inutile mais je n’ai jamais su dire les choses que par l’écriture.

L’étrangère à notre histoire que je suis devenue voit tout de suite que ça n’aurait pas marché. C’était trop cassé depuis longtemps. Le plus étonnant, c’est justement ce sentiment de détachement, cette sensation de n’avoir jamais écrit ça, ni ressenti d’ailleurs. Rien ne reste. Les personnes qui nous ont été viscéralement proches deviennent des gens qui font leur vie dans la même ville que nous et que l’on détesterait croiser à nouveau.

Je crois que de toute façon, je ne me suis jamais fiée à personne mais avec le temps ça ne fait qu’empirer. Je me rappelle très bien de ce matin d’automne. Le lendemain de la rencontre avec celui qui est pourtant devenu très vite un ami. J’ai eu peur.  Me prélassant dans mon bain, symbole absolu de mon enfance, refuge parmi les refuges, je reçois son texto. La rencontre d’hier était alors bien réelle et selon toute vraisemblance, ce mec essayait d’entrer dans mon monde. Rien à voir avec l’angoisse d’éconduire un mec qui ne vous plaît pas. C’était juste une peur de l’intimité. Ca voudrait dire qu’il me faudrait reconsidérer le schéma actuel. Est-ce que j’avais envie d’avoir un « ami » de plus ? Qui sache ce que je lis ? De combien de personnes se composent ma famille ? Que je n’aime pas parler le matin. Parce que je savais qu’il s’agirait d’amitié. Quand c’est fort tout de suite, on le sent non ?

Je ne sais plus comment j’ai fait tomber les barrières. Je crois que comme d’habitude, j’ai dû sauter. Je saute toujours dans le vide quand j’ai peur. Je me dis qu’on verra bien.

C’était un peu pareil quand j’ai rencontré mon ex. Sauf que j’avais plus envie de m’ouvrir. Je savais que cette rencontre allait être déterminante. Je n’imaginais pas du tout d’histoire d’amour. Juste que je ne serai plus la même, je le savais.

Lui et l’ami ont cela en commun qu’ils ne sont pas des personnes que je m’imaginais fréquenter. Je crois qu’ils me renvoyaient une image que je n’étais pas sûre de pouvoir assumer à la longue. Et puis une envie d’entrer dans ma vie que je n’étais pas sûre de vouloir partager. Je suis fille unique, faut pas l’oublier. Bon finalement ça s’est fait tout va bien. Mais encore aujourd’hui, si je laisse les gens entrer plus vite, c’est juste que j’ai repoussé la limite, un tout petit peu plus loin certes mais elle est toujours là. Il me faut toujours avoir l’impression d’avoir fait le tour de la personne pour la déposer dans ma petite case et lui dire « ça y’est tu peux entrer ». Et n’allez pas croire que la classification soit complexe. Il y a deux cases « Peut-être méchant  et me faire mal » « me veut définitivement du bien » . Je me demande bien pourquoi j’ai toujours peur qu’on veuille me faire du mal. J’ai pourtant pas grandi chez les Médicis. Ma mère est un agneau, mon père était une pâte, mes amis d’enfance des sucres d’orge et pourtant je suis à l’affût de la machination. Essentiellement masculine. La faute au gros méchant que j’ai rencontré quand je laissais corps et maison en libre service ? On sous-estime parfois certains traumatismes , simplement parce qu’on était trop jeunes pour que ça ait réellement compté..

Faut vraiment que je rencontre un brave type comme dirait Mamie.

Et c'est promis la prochaine fois, je ne serai que frivolité.

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03 juin 2008

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Ce qu'il y a de bien avec la déprime, c'est l'état euphorique qui suit. Même si tu sais que ça ne dure guère, qu'est ce que c'est bon!

Honnêtement rien n'a changé depuis la semaine dernière mas je me sens beaucoup mieux.

Mettre des mots sur ses maux (je vous jure que je n'essaie pas de faire du post-ado version poète suicidaire) fait beaucoup de bien. C'est comme quand je vais chez le médecin, je sais qu'au moment où il pose son stétoscope sur mon coeur, je suis déjà guérie. C'est pareil, l'exprimer, ça l'annule. Donc là tout va bien. Le temps est toujours aussi maussade mais dans ma tête c'est le printemps pour de vrai. Il ne me reste qu'un mois ici et je compte bien en profiter.

De Paris mais surtout de mes copines. Hier soir je suis allée voir Sex & The City. En soi, ce n'est évidemment pas le film du siècle mais quel bien fou ça m'a fait. Ca m'a ravivé les envies. Les envies de voir mes copines plus souvent, les envies de claquer ma thune dans la sape, l'envie d'être une vraie fille qui s'assume superficielle de temps en temps, les envies de rencontres, de légereté. Je les aime. Parce que je ne suis jamais autant moi qu'avec elles. Parce qu'on se complète, qu'on a toujours des tas de choses à se raconter, qu'elles sont prêtes à attendre mon bus avec moi à 2H du mat parce que j'ai peur de rester toute seule, parce que c'est toujours une joie de les voir et de les entendre raconter des bouts de leur vie. Parce que c'est les copines que j'ai toujours rêvé d'avoir et que même à trois y a jamais de jalousie. J'ai jamais été très douée pour les déclarations, j'ai même été incapable de faire un post sur notre formidable journée à 3 il y a quelques semaines. Mais là j'ai envie que vous sachiez que grâce à vous je ne me suis jamais sentie seule loin de mes attaches et que vous avez contribué à rendre mon année parisienne inoubliable. Vous me manquerez même au bord de ma piscine aux 30 ° à l'ombre...

Enfin c'est pas comme si c'était fini n'est ce pas.

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29 mai 2008

Les héroines des films d'horreur pour ados s'appellent toujours Sarah

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Ycare est parti.

Bang Bang.

Pour lui c'est fini.

Bang Bang.

Vous l'avez viré

Bang Bang

Mon beau sénégalais...

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26 mai 2008

Weather- induced depression?

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Ce week-end que j'appréhendais tant s'est finalement très bien passé.

Elle - Il s'appelle comment déjà?
Moi - Choukri, maman
Elle - Ah oui c'est vrai...Mais bon moi j'préfère pas l'appeler, j'ai toujours peur de dire "Sushi".
Moi - Oui vaut mieux ptêtre pas alors...

Ma mère c'est la meilleure quand elle veut. On a enchaîné les restos, on s'est baladées jusqu'à plus avoir de jambes parce qu'elle aime pas prendre le métro et moi non plus. Elle m'a parlé de Papa. J'allais bien, vraiment. J'étais tellement contente de la voir que j'ai même fait l'impasse sur Ellen Allien, sans regrets.

Ce  week-end j'ai aussi revu celui que j'appelle ici le-mec-des-trucs où on traverse (parce qu'on ne se méfie jamais assez du traçage de google). C'était sympathique, on a passé l'aprèm dans un célèbre musée parisien et il m'a raconté des tas de petits détails intéressants sur la plupart des tableaux. Je me suis rendue compte que je n'avais jamais vu un Dali et que je croyais que Matisse était un adepte du pointillisme (mais je maintiens qu'il en a fait au moins un! c'était sur mes cartes collector quand j'étais petite). Bref, ma culture en peinture est complétement naze mais bon je suis perfectible, il faut juste qu'on m'initie...

Je n'attendais pas grand chose de cette "rencontre", pas de baise express en tout cas. Et j'ai tout fait pour me montrer distante. De toute façon, je ne sais pas si lui attendait quelque chose de particulier. Je l'ai trouvé gentil, intéressant mais sans plus. Parfois je me dis que je suis devenue un glaçon, je n'ai juste plus envie de faire des efforts, de chercher l'étincelle quand il n'y en a pas, de vendre le meilleur, de cacher les failles. Je m'en tape de leur plaire au final. J'ai envie d'être jolie, de perdre mes éternels trois kilos superflus, mais pour moi, rien que pour moi.

J'en ai marre de ce mois de mai chiant comme la pluie. Entrecoupée d'éclaircies quand même, heureusement.
Comme ce dimanche soir de déprime où j'ai cédé aux supplications de ma copine B. pour la rejoindre au Tango, et où quand il faisait encore jour, j'ai dansé au milieu de tous ces hommes qui se foutaient pas mal de nos déhanchés (pseudo) sexys. J'en veux encore, juste quelques petits trucs qui sortent de l'ordinaire.

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23 mai 2008

bfrobey115

Je suis complètement plombée.

D'une tristesse que l'on ne devrait pas ressentir à mon âge et qui pourtant m'est déjà si familière.

Pour la première fois de ma vie, je me sens vraiment secondaire.

Je veux juste qu'elle soit heureuse pour que je sois plus légère.

"c'est vraiment bizarre votre relation, on dirait que t'es sa mère"

Oui enfin pas tout à fait, c'est bien plus compliqué que ça mais crois moi j'envie ton schéma classique.

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18 mai 2008

leigh

La fête bat son plein dans le bar en dessous de mon appartement.

Ils ont tous l’air heureux à crier comme ça. Ils sont juste complètement bourrés.

Je dis pas ça parce que moi je suis toute seule dans ma chambre et que la seule personne que j’ai vue de la journée, c’est mon moniteur d’auto-école. Si  j’avais voulu sortir j’aurais pu.

On me propose une boîte, on me propose un verre. Je ne peux que décliner les deux si je veux m’épargner une n-ième déception. La première, je sais que je n’irais pas pour danser, je suis complètement claquée. Non,  l’unique « interêt » serait de me sentir regardée, peut-être embrassée à la limite. De sentir que si je veux,  je peux. Mais à quoi bon ? La semaine prochaine, ce sera retour à la case départ. La deuxième proposition ne tient pas non plus. Passer la soirée avec un mec que j’attire mais qui me laisse de marbre  et un autre qui me plaît mais avec qui il ne se passera rien, non merci.

Alors je tourne pendant deux bonnes heures, faisant mine d’hésiter alors que je sais très bien que je ne sortirai pas ce soir. A quoi bon dépenser encore un peu d’argent pour quelques heures d’euphorie artificielle. Je décide finalement de regarder un film que je viens enfin de recevoir, Tesis, d’Amenabar. Une merveille d’intelligence et des frissons garantis. J’aurais pas perdu ma soirée.

Ma vie commence à m’emmerde sérieusement. Ca commence à faire bien longtemps que je n’ai pas ressenti cette sensation de plénitude. Je me souviens quand j’étais encore avec lui. Je pouvais ne rien avoir à faire de spécial un samedi soir, juste savoir qu’il m’attendait avec une pizza poulet, qu’il allait regarder le foot et moi bouquiner à côté, ça me rendait heureuse. Une présence. Peu importe l’activité en fait. Je savais qu’après on ferait l’amour et que je m’endormirais contre lui. On était deux, même si depuis tout s’est écroulé. Ca ne remet pas en question ce que je ressentais à ce moment là. J’étais bien. Ca me fait peur de me dire que mes amis ne me suffisent plus.  J’ai une montée d’angoisse quand je pense à ce qui ne m’attend peut-être pas. J’ai plus trop d’envies à part celle d’aider quelqu’un qui a de réels problèmes pour oublier les miens. J’en parle tellement que je ne vais certainement pas le mettre en pratique. Pauvre petite bourgeoise célibataire depuis un peu trop longtemps à son goût qui voudrait aller tâter de la vraie misère pour se sentir mieux. C’est pas ça la solution.

Créer alors ?

Je supporte de moins en moins le cinéma en tant que simple spectatrice et pourtant je ne me sens pas quelque chose de spécial à y apporter. Mais c’est comme une nourriture pourtant. Ca me remplit,un bon film c’est comme un plat savoureux, une friandise,  je me sens un peu moins vide. Mais à quoi ça sert ? En discuter avec d’autres cinéphiles ? Au final, toujours les mêmes mots qui reviennent sans cesse. Une opinion qu’on résume en deux trois phrases, il suffit de changer d’interlocuteur de temps en temps et on a presque l’impression de n’avoir jamais abordé le sujet. Et pourtant c’est du blabla, rien que ça. Je ne sais pas ce qui me manque.  Je crois que ça va vraiment au-delà du fait « d’avoir un copain » ou d’être « célibataire ». Mon dieu ce que je hais ces concepts. Non, ce qui me manque c’est d’aimer. Maintenant que je sais ce que c’est, y a comme un gouffre depuis que c’est parti.  Parfois il me manque tellement que j’ai envie de pleurer comme une petite fille. Mais c’est pas lui, c’est nous.

Pour me remonter, je ne me dis pas que ça ira mieux demain, même si c’est certain, la nuit est toujours plus propice aux délires pessimistes. Non, je me dis que les autres aussi doivent sûrement avoir des moments où ils se sentent malheureux, sans but, seuls, tellement seuls. Ca résume assez bien ma vie ça, toujours se comparer aux autres, vérifier que l’on est pas trop excessive, qu’une telle –modèle d’équilibre, de beauté, de répartie,  de bon goût- n’ aurait pas fait autrement(je vous rassure j’ai plusieurs modèles, cette fille là n’existe pas) . Qu’on est bien normale. Tellement naze, mais toujours est-il qu’en ce moment c’est un des seuls trucs qui me fait avancer. Apprendre à lâcher prise, à me taper de l’opinion des « gens ». Ca paraît antinomique mais pas tant que ça. Il suffit juste de tout relativiser. Et ça résout pas mal de problèmes qu’on se crée tous seuls comme des grands.

En y réflechissant, ce qui me fait si mal, les souvenirs de ces moments suspendus où tout semblait parfait, c’est aussi ce qui me rend plus sereine. Parce que même si c’est long cette période en solitaire, je sais que ça existe, que je peux le revivre. Et superstitieuse comme je suis, je me dis que rien n’arrive par hasard et que ce passage à vide me sera profitable. Avec du recul, beaucoup de recul.

Et si je dois retenir une seule chose de mon histoire d’amour, c’est pas les pizzas au poulet, c’est pas les pleurs incessants, c’est la force qu’il m’a transmise. Celle de toujours s’activer pour changer les choses. Sa bougeotte qui m’insupportait tant.  L’impossibilité de rester deux heures à la plage pour se gorger de soleil, il fallait être en mouvement, tout le temps. Je me suis servie un peu. J’ai pas tout pris mais je lui ai quand même piqué un peu d’énergie et quelques principes. Et ne serait-ce que pour ça, je ne pourrai jamais le détester pour tout ce qu’il a fait de moins glorieux. Grâce à lui, comme grâce à tous ceux qui ne m’ont pas laissée indifférente, je suis moi. Non ce n’est pas du Paulo Coelho, mais pour éviter que ça ne s’en rapproche trop, je vais m’arrêter là.

Pour me réveiller, fraîche comme une rose demain matin et aller bruncher avec mes copines. Avec le sourire bien sûr.

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16 mai 2008

romyschneiderreference

Mais pourquoi ce long silence?

Est-ce que j'aurais un mec qui ne me laisserait sortir que pour aller travailler et qui le reste du temps célébrerait mon corps ce qui rendrait complètement impossible le récit de ces moments torrides?
Est-ce que mon moniteur d'auto école continuant à envoyer des textos en toute confiance pendant que je suis au volant a finalement fini par payer le prix de son inconscience et moi avec?
Est-ce que j'ai une vie tellement affolante que je n'ai pas le temps de me poser 5 minutes pour en raconter quelques morceaux choisis?
Est-ce que mon boss se cassant toujours à une d'heure digne d'un employé modèle de la poste me force à passer mes nuits à valider les créas sur ce logiciel maudit?
Est-ce que j'ai décidé de faire la grève du blog parce que personne n'a commenté mes photos?

Je vous laisse décider de la réponse la plus crédible.
Et les copines, ne dévoilez pas le pot aux roses, il y a peut-être un lecteur inconnu, qui ne s'est encore jamais manifesté par un commentaire et qui souhaiterait un peu imaginer que je vis des folles nuits avec un écrivain brésilien qui aurait mis des talonnettes pour l'occasion.

Que dire de ces dernières semaines.

J'ai rencontré une blonde qui connaissait même pas les sushis (c'te provinciale quoi!)

Je suis partie en Espagne et en ai tiré la conclusion qu'au panthéon de la connerie les ingénieurs sont pas mal placés. Mais en plus c'est du genre con et chiant. Parce qu'au moins en école de commerce ils ont l'ont assez joyeuse, la connerie (l'alcool aidant). C'est tout moi de me foutre dans des galères pas possibles quand je pars en voyage.  Morceaux choisis, un ingénieur informatique qui s'endormait sur les bancs, dans les rues, sans crier gare, en plein jour, comme ça, il s'affalait sur un banc et bougeait plus. Et c'était pas de la narcolepsie hein, non je crois qu'il était juste complètement taré. Il avait aussi des pets nocturnes et il dormait dans ma chambre.
Un couple Sciences Po/ Ingénieur, mélange explosif s'il en est, la cool attitude, jamais sans mon plan pour pas se perdre dans une ville qu'on connaît pas, jamais de soleil avant 18h sinon on prend des coups de soleil, on va pas en boîte parce qu'on aime pas danser et on a prix un tas de jeux de sociétés pour s'amuser comme des p'tits fous.
Je suis très méchante parce qu'au fond ils ont été plutôt gentils, ont accepté mes velleités de scission du groupe sans la moindre réflexion et  m'ont fait découvrir la feuille de vigne. Certes des gens vraiment guère drôles mais bon même s'ils sont déjà un peu vieux dans leur tête, je crois que je préfère malgré tout leur compagnie à celles des alcooliques à particules. Enfin heureusement qu'il y'a une autre alternative dans la vie, des gens qui n'ont pas fait d'Ecole ou bien les gros Nobod' comme moi et mes amis.

Donc en Espagne, j'ai mangé des paëllas de ouf, et des sandwichs à la tortilla aussi. Ai goûté la traître boisson locale qui m'a valu une nuit passée au dessus de la cuvette des toilettes. Me suis baignée dans une eau à moins de 20° (!!!), ai pris un coup de soleil sur le nombril, ai vu mon meilleur ami pleurer, ai acheté un livre de poche à 16 euros à l'aéroport pour ne plus avoir à faire la conversation, suis tombée amoureuse de la ville, me suis jamais trouvée aussi blanchâtre sur les photos, ai vu une clocharde contaminée par le virus de Rec ou de 28 semaines/ jours plus tard qui m'a montré les crocs. Me suis rendue compte que le pays de la tortilla est en train de supplanter dans mon coeur celui de la mozza. Non ma vie n'est pas régie par la bouffe.

J'ai vécu une journée parfaite avec mes copines mais je suis trop fatiguée pour bien la raconter maintenant alors ça sera pour la prochaine fois.

Eh arrêtez de me jeter des cailloux!




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20 avril 2008

Un dimanche dans le 16ème


Red_wood



Tokyo_Sleepy




Maybe


American_girl



CHUBBY


Faster

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Il y a un an déjà....

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2006_07_19_10_11_16_Jeux_d_ombre_et_de_lumiere_sur_la_Plaza_Mayor_a_Madrid

Saudade Espana.Madrid.PuertaDelSol.O'Connell.Tia Cebolla. Hotel Ghislay, Plaza de Oriente... Puis aussi Gilberto et Kike, Giancarlo et Mike, Steven et Mateo ... 4 jours et plus d'émotions qu'en un an passés ici à me morfondre d'avoir perdu mon ex. Comme je ne suis ni Olivier Dahan ni Quentin Tarantino je vais me livrer au récit de ces vacances mémorables en commençant par le début.
Mais je ne terminerai pas par la fin car j'ai encore un résidu australien de ces vacances madrilènes en suspens.

Tout débuta un mardi 17 avril par une chaude journée printanière qui commença fort mal. En me rendant à la gare, direction Marseille, une petite mamie valdingue sous mes yeux, percutée par la voiture d'une autre mamie aveugle et de mauvaise foi. Vous me direz ça aurait pu être moi à deux minutes près, sauf que j'aurais été plus vite et que je n'y serais pas passée. Bref, un peu choquée, j'arrive à la gare et constate avec effroi que mon train de 14H n'est que le fruit de mon imagination et qu'il n'y a qu'un TGV qui part dans deux minutes précises. Telle Carl Lewis, je m'élance, traverse les rails héroiquement et réussis à embarquer à bord du train. Enfin ça s'est presque passé comme ça, si j'étais née dans le Nord j'aurais raconté ça différement c'est sûr. A l'intérieur du train, ma bonne foi me pousse à me livrer aux contrôleurs qui veulent me faire payer un supplément mais ma carte bleue ne passe pas et je m'en sors à l'oeil. La chance est avec moi me dis-je et j'arrive excitée comme une puce à la gare St Charles où j'ai 3 heures à tuer avant de m'envoler vers Madrid avec ma copine qui doit arriver de Paris. Là, je rencontre par hasard L. avec qui j'entretins une correspondance épistolaire aussi brève qu'intense et des relations msniques depuis notre plus tendre enfance. Bon, en vrai j'ai utilisé des méthodes dignes des RG pour réussir à la joindre mais la rencontre a finalement eue lieu, c'est l'essentiel et ça valait le coup. C'est drôle, comme cela peut paraître anti-naturel de rencontrer des gens avec qui l'on discute depuis un bail sans jamais s'être rencontrées in real et pourtant c'était comme si je retrouvais une vieille copine, sans aucune gêne et avec plaisir. Reniant alors notre passé d'artistes planant à 3000, nous nous mettons à parler politique, un grand moment.

Je pourrais vous raconter aussi que dans le bar où nous nous rendîmes le serveur ne connaissait pas l'existence du Monaco mais ce serait ennuyeux et je sais que vous n'attendez qu'une seule chose, savoir ce qu'il s'est donc passé de si palpitant à madrid. Je ne sais pas pourquoi je te vouvoie Tanou mais tu ne m'en voudras pas. Je quitte donc ma copine L. et j'attends Tanou qui doit arriver d'un instant à une heure. Et là, le choc, le tableau d'affichage m'apprend que son train a deux heures de retard ce qui compromet franchement nos chances d'attraper le vol à temps. Je peste, je rage, j'appelle tout mon répertoire qui ,impuissant, me réconforte tant bien que mal en me disant qu'à Nice il fait vachement beau et qu'on pourra acheter des sangria et un sombrero à Intermarché. Rien n'y fait, je fume intégralement mon paquet de menthols sur les marches de la gare st charles et ma mine doit faire peine à voir. ( de là commencera une lente agonie vocale et une voix à la scarlett johansson, pour le début, à la Rocky pour la fin, mon bel italien ne m'a d'ailleurs jamais entendue parler normalement). Je tente le tout pour le tout, je fais passer une annonce dans le train de ma copine, sans succès, toujours pas de nouvelles, quant à H-30 minutes, telle une apparition divine, je la vois sur le Quai. Nous courons comme des dératées, jusqu'au bus salvateur qui nous ménèra peut être à temps à l'aéroport, avec une dernière once dose d'espoir qui nous empêche de fondre en larmes et d'imaginer un retour pathétique dans nos foyers respectifs. On arrive finalement à 3 minutes du décollage et comme dans les films, ils appellent les hotesses au talkie walkie qui gardant un minimum de logique commerciale, nous acceptent à bord. Euphorie, on est en route pour Madrid!!!

Je me place bien sûr à côté d'un joli espagnol, enfin argentin mais au début je pouvais pas le savoir à qui je demande un chewing gum en guise d'entame de conversation. Il est timide à mourir et après avoir pris sur moi et demandé implicitement s'il voulait sortir avec nous ce soir, j'ai finalement capitulé devant son excuse lamentable "je dois travailler demain". Il avait une petite boucle d'oreille ringarde de toute façon. Métro.Hotel. Boîte à chupitos gratis, on rencontre direct deux chicos dont le désormais mythique Kike pour ma copine et un inconnu dont je me souviens plus du prenom mais nous l'appelerons "Bounce", malheureusement il parle anglais comme une vache de son pays et je m'ennuie assez rapidement. Je m'éclipse au bar et rencontre mon premier mec d'une longue liste, Gilberto, un mexicain. Petit mais costaud et un charme moqueur, j'aime bien et je suis pas dans l'optique d'être difficile ce soir, je me souviens qu'au bout de deux minutes alors que je parlais de choses sérieuses comme à mon habitude il m'embrasse en demandant la permission, que c'est mignon. C'est pas fantastique et je suis mal à l'aise avec lui parce qu'il me demande toutes les deux minutes si quelque chose ne va pas. Juste que depuis plus de deux ans je n'ai connu qu'une seule bouche, langue et tout ce qui va avec, alors oui je me sens bizarre mais ça passera si t'arrêtes de me gonfler deux minutes. [ellipse] On est à l'hôtel, et ça chauffe. Ma copine est dehors avec Kike on a une demi heure parce que Kike l'a décidé ainsi "solo 30 minutos por favor". Je cherche en vain un condom pendant 25 minutes sur 30 et au moment où le temps qui nous est imparti s'est écoulé, je la trouve finalement mais c'est trop tard et entre temps j'ai pu m'apercevoir que le pauvre garçon n'aurait pas eu de quoi me satisfaire je pense. Dieu sait comment je me tire toujours des mauvaises situations (même si parfois je mets le temps oui). Bref exit Gilberto jusqu'à une ultime rencontre magnifiquement drôle et place à GiancarloOoOoO.

J'ai oublié de vous dire, pour faire genre on est des filles qui ne pensent même pas à manger quand elles sont en vacances, qu'avant la boîtes nous étions allées nous sustanter dans le seul truc ouvert à 1h du mat, et là j'ai rencontré Giancarlo. Je vais être niaise deux minutes si vous le permettez. Il était beau, s'agitant partout dans son tee shirt rouge avec sa petite tête de latino à l'ouest. Je l'ai tout de suite reperé et j'ai saisi au détour d'une phrase un mot en italien qu'on se demandait ce qu'il foutait là. Encore cette force supérieur qui me guide vers mon pays de prédilection. Bref. Ni une ni deux, " mais t'es italien?!!!" "oui oui moitié italien moitié espagnol" . Mais c'est parfait, tu sais je parles très bien italien j'ai vécu à bologne oui oui. Et là, quand Tanou eut la merveilleuse idée d'aller soulager sa vessie, il me demanda l'air de rien si j'avais un téléphone ici. Jubilation. On s'échange donc nos numéros et il me dit qu'on pourrait sortir ensemble demain soir. Je trouve ça trop fou (je me rends compte que ça n'a rien d'exceptionnel) mais d'habitude les types qui viennent me parler sont ceux que je ne remarque jamais comme beaucoup de monde je pense alors là j'avais l'impression d'être un peu plus maîtresse de ma destinée vous voyez. Donc le lendemain, Gilberto ne m'appelle pas et je vous assure que je ne suis pas du tout vexée, je ne pense qu'à retourner l'air de rien au restau de Giancarlo pour aller gouter sa paella (il n'y a rien de codé là dessous).

Après de gros efforts de persuasion et une rue choisie au hasard qui nous amène devant l'endroit stratégique, je le revois, on squatte jusquà 1h et il doit me rejoindre après son service dans un bar pas loin. J'attends impatiente à mort et pendant ce temps, Tanou rencontre celui qu'on appellera Mike, parce que c'est son nom(...). Je vous passe le recit de leur histoire, elle le racontera peut-être un jour sur son défunt blog. Giancarlo me rejoint donc un peu plus tard et se montre tout de suite très tactile. Au bout d'une heure il est toujours tactile mais il faudrait passer à l'étape supérieur alors là, je le fixe et souris bêtement. Il me demande pourquoi je souris comme ça, je lui dis parce que j'ai trop envie de t'embrasser. J'ai 15 ans bonsoir. Ce que je fais et là c'est l'extase, de tous les mecs que j'ai embrassés c'était le meilleur baiser que j'ai jamais connu (bon c'est pas comme si y'en avait eu 100 mais en deux ans de vie commune mon ex pourrait être celui là or in-com-pa-ra-ble), d'une douceur et en même temps tellement excitant. Enfin je passe les détails, c'était juste bien. On se quitte à contre coeur après des promesses hâtives et des supplications sans fin "allez reste une semaine de plus à madrid cest trop horrible si tu pars " ouais promis on se voit en Aout tu viens chez moi à nice et tout", le pire c'est que ça fait tellement du bien de dire des conneries pareilles. Apres un dernier baiser meilleure qu'une baise il s'en va et me dit que demain il annule son boulot pour passer la soirée avec moi. Bin bueno super bueno. La soirée ne s'arrête pas pour nous et je suis  totalement à l'ouest, Tanou et Mike qui ont l'air de bien être connected people également, et là bourrée comme une bienheureuse, je vois un grand brun seul qui titube un peu aussi mais quand même moins que moi. Je shoote dans une canette et préssentant qu'il n'est pas espagnol je lance un "play with me" accueilli sans grand enthousiasme mais je ne sais plus trop comment on sest retrouvés à parler adossés au mur pendant près d'une demi heure.

Il s'appelle Steven, australien de son pays, tennisman professionnel et fort beau si ma mémoire est bonne. J'ai envie de l'embrasser et c'est bien réciproque mais par respect pour les amygdales de Gianca dont je viens à peine de me séparer et par souci de moralité on chat juste et je lui laisse mon adresse msn en lui faisant promettre de m'écrire s'il vient à MonteCarlo. (depuis on se parle sur msn et il me dit non stop que je suis trop cute sexy and hot, un intello comme je les aime) Deuxième jour: après une journée idyllique dans le magnifique parque del retiro, où nous bronzâmes, attendîmes desesperement un coup de fil de nos futurs amants potentiels respectifs, et un fumage en règle de cigarettes moins chères qu'en france donc vas y que je te fume un paquet par jour, je rejoins finalement Giancarlo pour la soirée qui devait être LA SOIREE quoi. Et puis après un début de soirée poussif à trois, on se rend dans notre désormais QG, j'ai nommé le O'Connell, et là légérement euphorisée et me sentant d'une sociabilité à toute épreuve, je rencontre des français avec qui je tchatche un peu au mépris de l'ennui que je procure à mon italien qui va téléphoner toutes les deux minutes et je ne vois rien. Epreuve ultime, le mexicain, mais si souvenez vous, Gilberto, apparaît par je ne sais quelle malchance, devant moi avec sa tête de con et moi super gênée je crois que je lui dois des explications alors je dis à Gianca de dégager deux minutes ce qu'il prend super bien évidemment même qu'il se casse pas deux minutes il se casse tout court. Après m'être débarassée de l'autre, j'attends desesperement le retour de Giancarlo pendant une heure, puis deux, puis j'en ai marre alors je pleure en pleine rue, de rage, de desespoir mais surtout de frustration et là après que Tanou m'ait rejointe nous rencontrons Ali, un marocain établi à Madrid qui nous remonte le moral et nous permet de pas finir la soirée sur une note si négative.

Troisième jour (et avant dernier): Le charme s'est rompu, toutes les deux déçues, nous errons comme deux âmes en peine dans l'attente d'un sauveur quelconque enfin pas trop quand même, quand Gianca m'appelle finalement pour me dire qu'il faut qu'on parle (genre pour sauver notre relation et tout ce qu'on a construit depuis deux jours quoi). Bien sûr ce con travaille cette fois ci et je dois attendre 2H passées pour le voir enfin, et là je me dis ce mec tu le reverras jamais il s'est comporté comme un pauvre abruti en te plantant là hier soir mais il est jaloux, nerveux et tout ce que tu veux et s'il revient ce soir c'est qu'il t'aime bien et toi aussi tu l'aimes bien et que font deux personnes quand elles ont peu de temps et qu'elles s'aiment bien? Elles vont à l'hôtel pour célébrer leur amour en passant d'abord par la pharmacie bien sûr, pour acheter une bague fantaisie. Ce ne fut pas grandiose mais sacrément bien quand même, il était tout en muscles, comme moi ahha, et j'ai fait l'amour en italien pour la première fois (parce que d'habitude j'osais pas parler, peur de faire des fautes de conjugaison etc..) Il n'y a malheureusement pas d'après, on s'est quittés en assez mauvais termes pour des raisons très connes et le jeune homme ayant un courage hors normes n'a pas jugé bon de me rappeler. Le problème quand on est une fille, c'est qu'on se dit ouais trop bon je me comporte comme un mec, je m'amuse, j'enchaîne, je drague. Sauf que ça finit toujours de la même façon, à attendre à côté du téléphone un appel qui ne viendra jamais. On arrête juste quand on comprend que le type en question n'a rien à voir là-dedans, c'est juste le manque d'adrénaline quand on a vécu si haut pendant un court instant, l'envie d'excès, d'être amoureuse, peu importe de qui. L'envie de sentir que l'autre nous veut, c'est un souhait purement narcissique et l'on se dit mais quel salaud. On a vraiment rien compris. Sauf que la lacheté devrait impérativement être un nom masculin.

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19 avril 2008

697028

Je crois que le fonctionnement de Facebook reste encore pour moi un peu mystérieux.

Pourquoi un mec que tu ne vois plus depuis deux mois parce que vous n'aviez plus rien à vous dire t'ajoute t-il subitement à ses "amis"?
Pour voir tes photos parce qu'il s'ennuie au travail et que personne n'est connecté sur MSN?
Parce qu'il veut reprendre contact mais qu'il est maladroit? Impossible..
Parce qu'il veut avoir plus d'amis que son pote qui en comptabilise déjà 327 (mais mange tout seul à la cantine)
Toujours est-il que le type en question c'est celui après qui je courais et qui ne voulait pas sortir avec moi parce qu'il était gay et il m'a ajouté à ses contacts avant hier.
Passée la joie première de me dire "oh il m'a pas oubliée ouaiiiiiiiiiiiiis", déception de ne pas voir venir de mail.
En même temps je me dis si le mec attendait quelque chose de moi et s'était rendu compte de son erreur, il aurait plutôt pris son téléphone.
En plus Facebook c'est complétement has been alors à moins de faire comme moi et de juste vouloir renouer avec une personne vraiment perdue de vue, je veux dire par là que je n'ai, ni numéro, ni mail ni adresse, juste son nom; je trouve ça pitoyable de s'ajouter des amis quand le site est moribond.
C'est juste que j'avais envie de dire qu'il était pitoyable parce que mes jugements sont rarement modérés.
C'est pas comme si j'étais fine hein.

Donc moi hier je m'ennuyais aussi et j'ai voulu profiter des derniers instants de facebook en allant y taper tous les noms de mes ex pour voir si ils étaient devenus des moutons eux aussi ou bien s'ils avaient migré dans une grotte.
La plupart sont troglodytes, mais l'un d'entre eux, le tout premier, le plus beau, la folie de mes 18 ans est à la page et posséde donc un profil Facebook.
J'ai nommé Carlo, mon napolitain qui m'offrait des sacs Vuitton et des roses géantes.
Celui sur qui j'écrivais un post par jour, pour dire à quel point je l'aimais et qu'il était génialissime et puis beau encore.
Bon quelques années ont passé et je me suis rendue compte qu'il n'était pas plus génialissime qu'aimé de moi mais quand même super beau et qu'il représente toute la naïveté et l'élan de mes 18 ans.
Où j'ai pris un train pour Naples sans le dire à Mumy.
Qui m'a fait connaître les joies du sexe,  et qui a du me prendre pour une autiste parce qu'en une semaine j'avais eu à peu près eu le temps de sortir tout ce que je pouvais dire en Italien.
Je ne l'ai pas vraiment aimé mais qu'est ce que j'étais folle de lui.
Ca a duré quelques mois et puis on s'est perdus de vue, parce qu'on était loin, que je suis sortie avec un gros naze qui avait pour seul point commun avec lui le fait d'être italien. Et puis surtout peut-être parce qu'on avait vraiment peu en commun.
Et pourtant hier, ça m'a fait un immense plaisir de le retrouver, de me moquer de lui et de ses travers italiens. Et vas-y que je pose avec mes énormes lunettes, que je te montre sur toutes les photos comme je suis une bombe (à côté ses potes sont toujours moches, il sait se mettre en valeur le bougre), que je t'envoie direct un morceau d'electro, que je te montre mes vacances au Mexique..à Cancun évidemment.
Photos de plages et de boîtes, essentiellement.
Mais si on ne connaissait que des gens qui nous ressemblaient, avaient exactement les mêmes goûts, on se ferait quand même vite chier non?
Mon Carlo, il paraît très superficiel, il s'aime vraiment beaucoup physiquement, il écoute de la grosse musique de merde, il a les deux oreilles percées avec des diam's, il met des moules bites.
Portrait peu reluisant d'un italien du sud lambda.
Qui m'a aussi accueillie chez lui et présenté à sa famille et à tous ses amis. Qui a déployé des trésors d'ingéniosité pour ne pas que je m'ennuie pendant une semaine dans son village où il a plu 24H/24H.
Qui m'a fait visiter la côte Amalfitaine et emmenée dans les montagnes pour me montrer l'endroit où il allait quand il voulait être seul. Qui m'a fait rêver. Qui m'a accompagnée dans le train et m'a regardée partir sur le quai comme ça s'passe dans les films.
Je ne le reverrai probablement pas ou peut être autour d'un café à Rome l'an prochain.
Ah oui parce que je pars à Rome l'an prochain.
Mais ça me fait un bien pas possible de penser que, de cette amourette adolescente , il reste un petit quelque chose, qu'il se souvenait de moi et de pleins de petits détails (pas autant que moi mais je suis un disque dur comme il dit) et que tout n'est pas toujours obligé de se terminer dans les larmes et la haine, ou l'oubli pur et simple.

Hier soir pour la première fois depuis longtemps, j'ai fait un beau rêve. Mais du genre purement fait de sensations agréables. Je partais en week-end chez moi dans le sud. Mais dans mon vrai chez moi, là où je suis née. Et pendant un week-end qui se transformait en semaine. Mon quotidien n'était que bonheur, j'allais à la plage à pied en courant à travers champs (y a pas de champs là bas certes) et là-bas je retrouvais mes meilleurs amis et on bronzait, nageait et quand on rentrait il y avait 50 personnes à table dans le jardin et j'aidais à repeindre la maison. Je me suis réveillée ce matin à Paris, un sursaut en regardant l'heure, il est 11H, faut que je file à la plage. Ah oui non je suis toujours ici sous la pluie et puis t'façon j'ai jamais eu de jardin ni de maison à repeindre donc bon.

Posté par Sole à 12:18 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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